Louer une voiture en Islande : le guide pratique pour préparer son road trip
Aujourd’hui, découvrez tous nos conseils pour louer une voiture sereinement en Islande.
Quand on pense à l’Islande, on imagine tout de suite la Ring Road, les cascades qui surgissent au détour d’un virage, les glaciers qui se découpent sur l’horizon et ces plages de sable noir battues par l’Atlantique Nord. Ce qu’on anticipe moins, en revanche, c’est la logistique du road trip. Quel véhicule choisir, quelles assurances prendre, où récupérer la voiture, à quoi faire attention sur les routes islandaises. Autant de questions qui peuvent faire la différence entre un voyage fluide et une série de petites galères évitables.
Voici un guide pratique pour organiser sereinement la partie « location de voiture » de votre séjour en Islande.
Lire : 2 semaines en Islande, itinéraire complet et conseils pratiques
Pourquoi l’auto est indispensable
L’Islande est un pays où les distances sont grandes et où les transports en commun se limitent à quelques bus entre Reykjavík et les principales villes. Si vous voulez vraiment découvrir le pays — s’arrêter dans un champ de lave sans nom, longer les fjords de l’Est sans croiser personne pendant une heure, ou dormir près d’une cascade au son de l’eau — l’auto n’est pas une option, c’est la condition même du voyage.
Les distances peuvent paraître trompeuses sur la carte. Le tour complet de la Ring Road fait 1 332 km, et à cela il faut ajouter les détours indispensables : la péninsule de Snæfellsnes, les fjords de l’Ouest, le Cercle d’Or, Landmannalaugar pour les plus aventuriers. Deux semaines permettent d’en faire un beau tour ; une semaine imposera de choisir une région.
Quand partir et quelle voiture choisir
Le choix du véhicule dépend avant tout du moment de l’année. De juin à septembre, avec le soleil de minuit et les routes principales parfaitement praticables, une berline ou un petit SUV suffisent pour la Ring Road et les grands classiques. Le 4×4 devient en revanche indispensable si vous voulez emprunter les F-roads — ces pistes qui traversent les Highlands et qui ouvrent la porte à des paysages qu’on ne voit nulle part ailleurs, entre Landmannalaugar, Þórsmörk ou Askja.
D’octobre à avril, le discours change. Neige, glace noire, vents violents : un 4×4 avec des pneus adaptés devient bien plus prudent, même pour rester sur la Ring Road. C’est aussi la meilleure saison pour chasser les aurores boréales, ce qui justifie souvent le surcoût.
Où récupérer la voiture
La quasi-totalité des voyageurs récupèrent leur véhicule à l’aéroport international de Keflavík, à une cinquantaine de kilomètres de Reykjavík. Les grandes chaînes internationales ont leurs comptoirs dans le terminal, mais les compagnies islandaises locales proposent souvent des tarifs plus transparents, des assurances plus claires et une flotte pensée pour les conditions du pays. Nous avons par exemple eu une bonne expérience avec Reykjavik Cars, une agence islandaise chez qui vous pouvez réserver une location voiture Reykjavík avec navette gratuite depuis l’aéroport et un processus de retrait rapide, même après un vol tardif.
Assurances et documents : le point qui se sous-estime
C’est probablement le volet le plus piégeux pour celles et ceux qui voyagent pour la première fois en Islande. L’assurance de base (CDW) couvre peu. Les franchises sont élevées et certains dommages typiquement islandais ne sont pas inclus dans le pack standard. Parmi les options qui méritent réflexion :
- Gravel protection : couvre les éclats de gravillons qui endommagent la carrosserie et le pare-brise, très fréquents sur les routes secondaires.
- Sand and ash protection : protège contre les dégâts causés par les tempêtes de sable ou de cendres volcaniques, particulièrement dans le sud.
- Assurance tous risques (kasko) : réduit la franchise en cas de dommage majeur.
Le bon réflexe pour louer une voiture en Islande est de comparer attentivement ce qui est inclus dans le pack de base avant de prendre les options complémentaires, et de bien lire les conditions de franchise en cas de sinistre. Une mauvaise surprise au retour de la voiture peut coûter cher.
Côté papiers : le permis français (ou de n’importe quel pays européen) suffit, inutile de passer par un permis international. L’âge minimum est généralement de 20 ans, porté à 23 pour les 4×4.
Budget carburant : prévoir large
Le carburant coûte environ le double du prix français. Pour un tour complet de l’île, comptez entre 250 et 400 euros de carburant selon le véhicule et l’itinéraire choisi. Les stations-service sont nombreuses sur la Ring Road mais se raréfient dès qu’on s’éloigne des grands axes : dans les fjords de l’Ouest ou les Highlands, mieux vaut faire le plein dès que l’occasion se présente.
Petit conseil pratique : certaines pompes fonctionnent exclusivement par carte bancaire avec code PIN, et quelques cartes françaises posent parfois problème. Mieux vaut avoir une deuxième carte en secours et, surtout, ne pas attendre la réserve pour chercher une station.
Sécurité et conditions de route
Dernier point, et sans doute le plus important : en Islande, la météo peut basculer en quelques heures et certaines routes ferment sans préavis, surtout entre octobre et mai. Avant de prendre la route, le réflexe à adopter est de consulter le site officiel Umferdin, qui actualise en temps réel l’état de toutes les routes islandaises, y compris les F-roads et les cols de montagne. Les Islandais eux-mêmes le consultent avant de sortir de chez eux. Ce n’est pas de la prudence excessive, c’est simplement du bon sens local.
Un autre site utile est SafeTravel, géré par la sécurité civile islandaise, où il est possible d’enregistrer son itinéraire prévisionnel — une petite formalité qui peut faire la différence si les choses tournent mal dans une zone isolée.
Pour finir
Louer une voiture en Islande, c’est accepter l’imprévisibilité du temps et laisser de la place dans le programme pour les arrêts qui ne figurent sur aucune carte : un arc-en-ciel au-dessus d’une cascade, un troupeau de moutons qui traverse la route, une lumière particulière sur un champ de lave. C’est souvent ce qu’on en retient, bien plus que les grands sites emblématiques. Alors prévoyez large, choisissez le bon véhicule, et laissez l’Islande faire le reste.
