coree du sud japon

La Corée du Sud et le Japon partagent une proximité géographique qui masque des différences profondes de culture, d’architecture et de rythme de vie. Cet article traverse les deux pays :

  • Séoul et la péninsule coréenne d’un côté
  • Tokyo, Kyoto et la côte du Pacifique de l’autre

Tout cela en examinant ce que chacun offre au voyageur curieux. Et surtout comment tirer le meilleur parti d’un itinéraire qui combine la Corée du Sud et le Japon !

 

Séoul – Quand l’Ancien et le Contemporain Partagent le Même Trottoir

Séoul est une ville qui refuse de choisir entre son passé et son présent. Le palais de Gyeongbokgung, construit en 1395 sous la dynastie Joseon fut partiellement détruit lors de l’occupation japonaise. Il fut ensuite restauré et se dresse aujourd’hui à l’extrémité nord de l’axe central de la ville. ON peut y contempler les montagnes de Bukhansan directement dans son dos. Ce cadre donne à l’ensemble une gravité que les reconstitutions historiques ne parviennent généralement pas à produire. À quelques stations de métro, le quartier de Gangnam concentre des tours de verre, des centres commerciaux souterrains et une industrie de la beauté et de la mode qui exporte ses tendances dans toute l’Asie.

Le village hanok de Bukchon, niché entre deux palais royaux, est un quartier résidentiel de maisons traditionnelles en bois aux toits incurvés où vivent encore de vraies familles – la fréquentation touristique y est intense le week-end, mais en semaine, avant neuf heures du matin, les ruelles retrouvent leur silence.

Les trains Coréens KTX constituent l’épine dorsale du réseau de transport rapide de la péninsule, reliant Séoul à Busan en deux heures trente sur 430 kilomètres – une liaison qui traverse les plaines agricoles du Chungcheong avant d’arriver dans la deuxième ville du pays, dont le marché aux poissons de Jagalchi est l’un des plus grands d’Asie. Le métro de Séoul, qui compte 23 lignes et fonctionne jusqu’à minuit passé, est suffisamment étendu pour que la voiture ne soit jamais nécessaire dans les limites de la ville.

 

Gyeongju et la Péninsule au-delà de la Capitale

À une heure de Séoul en KTX, Gyeongju fut la capitale du royaume de Silla pendant près d’un millénaire. Elle conserve une concentration de sites historiques qui fait de la ville entière un musée à ciel ouvert. Les tumulus funéraires de la période Silla (des collines herbeuses parfaitement rondes qui parsèment le centre-ville) côtoient des immeubles ordinaires et des restaurants de quartier avec une désinvolture que peu de villes historiques permettent.

Bulguksa, le temple bouddhiste du VIIIe siècle sur les hauteurs au-dessus de la ville, est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ses cours successives – chacune légèrement surélevée par rapport à la précédente – créent une progression spatiale vers le sanctuaire principal. Elle est aussi efficace aujourd’hui qu’elle l’était lors de sa construction.

Jeonju, accessible par le réseau express de l’ouest, est la ville d’origine du bibimbap. On y trouve un quartier hanok plus étendu que celui de Bukchon. La scène gastronomique y fonctionne aussi bien pour les habitants que pour les visiteurs.

L’île de Jeju, au sud de la péninsule, est une destination à part entière avec son volcan central, ses plongeurs haenyeo et ses formations de lave côtières – reachable en avion depuis Séoul en une heure ou par ferry depuis Mokpo.

 

Tokyo – La Mégalopole qui Fonctionne

Tokyo est la plus grande agglomération urbaine du monde avec 37 millions d’habitants. Son fonctionnement quotidien (trains à la seconde près, quartiers aux identités distinctes, infrastructure impeccablement entretenue) est en lui-même un sujet d’étude. Le train de Tokyo à Osaka sur la ligne Shinkansen Tokaido prend deux heures trente en Nozomi, le service le plus rapide, longeant la côte du Pacifique. Il offre, par temps clair, une vue sur le mont Fuji entre Shin-Fuji et Shin-Yokohama qui apparaît et disparaît en quelques secondes.

Asakusa, dans l’est de la ville, conserve le tissu urbain de l’époque Edo autour du temple Senso-ji. Ses ruelles de boutiques d’artisanat, ses stands de rue et son architecture basse contrastent directement avec les tours de Shinjuku visible à l’horizon.

Le quartier de Yanaka, lui, fut épargné par les bombardements de 1945 et par les démolitions de l’après-guerre. C’est dorénavant un quartier résidentiel de maisons en bois, de temples de quartier et d’ateliers d’artisans. Il donne une idée de ce à quoi ressemblait Tokyo avant sa transformation.

Shibuya et Harajuku, séparées par quelques centaines de mètres, incarnent deux dimensions de la culture contemporaine japonaise. Le carrefour de Shibuya avec ses 3 000 piétons par cycle de feux, et la rue Takeshita avec ses modes vestimentaires ne ressemblent à rien de ce qui se fait ailleurs. 

 

Kyoto – La Ville qui a Choisi de se Souvenir

Kyoto fut la capitale impériale du Japon pendant plus de mille ans. Son refus de se moderniser à la vitesse de Tokyo n’est d’ailleurs pas un accident mais une politique délibérée. La ville compte 1 600 temples bouddhistes et 400 sanctuaires shintoïstes. La densité est telle que se limiter aux plus connus – Kinkaku-ji, Fushimi Inari, Ryoan-ji – revient à ne voir qu’une fraction de ce que la ville contient.

Fushimi Inari, compte des milliers de torii orange qui s’étendent sur les flancs du mont Inari sur quatre kilomètres. C’est le site le plus photographié de Kyoto. Je vous conseille d’arriver à l’aube, avant six heures du matin. Cela permet de parcourir les premières centaines de torii dans un silence relatif que l’affluence de la journée rend impossible.

Le quartier de Gion est le district des geishas historique. Il conserve ses machiya (maisons de ville en bois avec façades grillagées) le long de rues pavées éclairées la nuit par des lanternes. Les jardins zen de Kyoto, et notamment le jardin de pierres de Ryoan-ji est le plus célèbre. Ils constituent des exercices de composition spatiale dont la logique devient plus lisible à chaque visite. Enfin, Nishiki Market, une galerie marchande couverte de 400 mètres dans le centre-ville surnommée « la cuisine de Kyoto » mérite le détour. On y trouve des cornichons, du tofu frais, des brochettes de pieuvre et du dashi en vrac. Idéal pour cuisiner ou pour grignoter sur place.

 

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Osaka et la Côte Intérieure

Osaka se décrit souvent par opposition à Kyoto et Tokyo. Moins de temples que la première, moins formelle que la seconde, avec une culture alimentaire et une sociabilité qui lui sont propres. Dotonbori, le quartier de divertissement au bord du canal, fonctionne à plein régime de midi jusqu’après minuit. Ses restaurants de takoyaki, ses enseignes lumineuses géantes et ses théâtres de bunraku et de comédie en sont la preuve.

Le marché de Kuromon, à quelques rues au nord, est le marché de gros de la restauration d’Osaka. Il est ouvert aux particuliers et fréquenté par les chefs de la ville dès sept heures du matin. On y trouve de tout : thon, oursins, huîtres, légumes en lacto-fermentation…

La mer intérieure de Seto est un archipel d’îles dont plusieurs ont été transformées en espaces d’art contemporain permanent. Elle est accessible par ferry depuis Osaka ou Hiroshima. L’île de Naoshima est la plus connue. Ses musées conçus par Tadao Ando et ses installations de James Turrell intégrées dans des maisons traditionnelles sont de toute beauté. Elle justifie un détour d’une nuit au moins.

 

Conclusion

La Corée du Sud et le Japon offrent deux versions différentes de ce que peut être une modernité construite sur une longue mémoire historique. Séoul ainsi que Tokyo absorbent leurs visiteurs rapidement et demandent du temps pour révéler leurs couches plus profondes. Donnez à chaque pays au moins une semaine. Sortez des capitales vers les villes moyennes et les campagnes. Et surtout acceptez que ce que vous n’aurez pas tout vu ! Cela justifie un prochain voyage.

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