Indonésie

Sumatra: Immersion en terres Mentawaï

Aujourd’hui je vais vous parler d’un gros coup de coeur à Sumatra. Grâce à Ricky, le guide et fondateur de Ricky’s beach house, j’ai pu découvrir l’île de Siberut directement au cœur d’une tribu Mentawaï.

Un long périple

Après le Lac Toba, j’ai donc pris la direction de Padang pour y rejoindre Ricky et les personnes qui m’accompagneraient pour cette aventure. Et pour arriver chez les Mentawaï, ça se mérite: une nuit de ferry, 2h de pick-up, 2h de barque, 2h de marche dans la jungle (j’en ai perdu mes chaussures dans la boue!) pour enfin arriver chez mes hôtes.


Ce fut un assez gros choc. Ce n’était pas mon premier voyage, mais j’ai vraiment ressenti une forte émotion en arrivant dans cette tribu encore préservé. En effet, Ricky essaie au maximum de nous emmener chez des vrais Mentawaï. Car malheureusement, le tourisme incite pas mal de personnes a se faire passer pour des indigènes. Ils n’hésitent pas à utiliser de fausses tenues traditionnelles et des décors factices.
Dans celle où je suis arrivée, on sent bien que l’occident a su se glisser jusqu’ici malgré tout. Les jeunes sont habillés comme nous, et ils vont chercher la nourriture en ville assez régulièrement. Mais l’esprit et les coutumes Mentawaïennes étaient bien présentes. J’ai notamment pu assister à la fabrication des vêtements et outils locaux, et les Sikerei (les chamanes) étaient tatoués de la tête aux pieds selon la tradition.

mentawai

 

La vie chez les Mentawaï

Durant mon séjour de 4 jours, on a dormi dans l’unique cabane sur pilotis de la tribu. Celle-ci est immense, assez large pour accueillir une quarantaine de personnes. Nous avons fait la connaissance de nos colocataires temporaires au travers de plusieurs activités: pêche d’écrevisses dans la rivière, balade dans la jungle, fabrication de tenues traditionnelles. Pendant plusieurs jours, je me suis baladé avec un pagne en feuilles au dessus de mon maillot de bain pour me fondre dans le décor. Les garçons eux, avaient un petit slip en écorce, le résultat était assez désopilant!

Nous vivions directement avec les poules et les cochons qui se baladaient sous la cabane. Nous prenions notre bain dans la rivière chaque jour. Le soir nous mangions en grand cercle, au son de la guitare, des blagues de Cookie (son vrai nom étant trop difficile à prononcer pour nous!) et nous avons même fumé l’herbe du coin.

Ces moments authentiques et joyeux m’ont beaucoup remis en question. J’ai réalisé pour la première fois que le bonheur était une chose beaucoup plus simple que ce que l’on nous faisait croire. Posséder peu matériellement était finalement une des clés de la paix de l’esprit. Cette remise en question fut la première d’une longue série.

mentawai

Une ambiance authentique

Les Mentawaï nous ont accueilli à bras ouverts et ont su nous mettre à l’aise tout au long de notre séjour. Ils savent que nous sommes des touristes et en jouent, notamment en nous faisant manger d’énormes vers jaunes, a renfort d’éclats de rire gigantesques en voyant nos têtes. L’ambiance est détendue et simple.

Durant mon séjour, j’ai choisi de me faire tatouer de manière traditionnelle. Il est vrai qu’il y a un certain risque car les conditions d’hygiène de sont pas idéales: un morceau de bois et une aiguille à peine désinfectée. Mais le souvenir en vaut la chandelle.

mentawai mentawai

Au terme de ces 4 jours, nous avons du dire au revoir à toute la tribu avec beaucoup d’émotion. Cette expérience extraordinaire m’a rappelé à quel point il était important de préserver ces cultures exceptionnelles d’une richesse incroyable.

Malheureusement, notre guide Ricky nous a dit qu’étant donné la progression actuelle des choses, d’ici 10 ans, la vraie culture Mentawaï aura disparu. L’appel de la ville est trop fort chez les jeunes qui désertent leurs tribus. Mais comment leur en vouloir? J’espère qu’il se trompe, et je vous encourage à le contacter si vous souhaitez organiser un séjour là bas et à lire cet article très intéressant sur les dangers qui planent au dessus de cette culture extraordinaire.

Et vous, avez vous eu l’occasion d’y aller? Qu’en avez vous pensé?

A bientôt,

Clémentine